AVA Association Vaudoise des Archivistes
Astuces pour une bonne conservation

Introduction

Toutes les matières, papiers, pellicules etc. subissent un processus inéluctable d’altération. Les mesures de conservation visent à ralentir autant que possible la dégradation d’un objet et ainsi à préserver l’information qu’il contient et qu’il représente en lui-même.

On peut ralentir les processus de dégradation en prenant certaines mesures concernant le conditionnement, le stockage et la manipulation des documents à conserver.

Chaque support possède ses propres conditions idéales de conservation. Les brochures de recommandations réalisées par Memoriav (association pour la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine audiovisuel suisse) (lien vers fr.memoriav.ch ) contiennent toutes les informations utiles pour la bonne conservation des photographies (http://fr.memoriav.ch/photo/recommendations/default.aspx), des documents sonores (http://fr.memoriav.ch/audio/recommendations/default.aspx), des films (http://fr.memoriav.ch/film/default.aspx) et des documents vidéo (http://fr.memoriav.ch/video/recommendations/default.aspx).

La température et l’humidité

La température joue un rôle important dans la vitesse des réactions chimiques, plus elle est élevée plus les réactions sont rapides ; le papier va se dégrader beaucoup plus rapidement dans un environnement chaud. De plus, les bactéries, les moisissures, les champignons et les insectes ont besoins d’eau et de chaleur pour se développer. Pour éviter le développement de colonies de micro-organismes (destruction de documents, taches, pigmentation…) et d’insectes papivores, il est nécessaire de maintenir la température entre 16 et 18°C et une humidité relative entre 50-60%.

 

A l’inverse, si l’air est trop sec (inférieur à 40-45% d’humidité) les matériaux se dessèchent, perdent leur souplesse, deviennent rigides et fragiles, parfois de façon irréversible.

 

Des fluctuations trop importantes de l’humidité peuvent également entraîner des variations dimensionnelles des documents et ainsi les fragiliser. Il est donc important d’avoir une température et un taux d’humidité les plus constants possible.

La lumière

La lumière est une forme d’énergie qui peut déclencher ou accélérer les réactions chimiques de dégradation du papier et de toutes les matières organiques. Les matériaux sont dégradés par la lumière, naturelle ou artificielle et ses effets sont cumulatifs : les encres vont disparaître et le papier jaunir.

Le stockage doit se faire dans des locaux qu’il est possible d’obscurcir, les documents doivent être rangés dans des boîtes d’archives et leur exposition à la lumière doit être réduite au strict nécessaire.

La poussière

La poussière est une source importante d’infection. Elle comprend différents composants, comme des particules biologiquement inertes (sables, ciment, bois…), des particules potentiellement actives au niveau biologique (oeufs d’insectes) ou des micro-organismes (virus, moisissures, bactéries) qui sont souvent véhiculés par les particules inertes sur lesquelles ils se sont fixés.


Il est recommandé d’aspirer régulièrement les locaux et dépoussiérer délicatement les documents très poussiéreux avant de les entreposer.

Le conditionnement des documents

En vue d’une conservation à long terme il faut absolument proscrire les matériaux qui rouillent ou se dégradent : agrafes, trombones métalliques, élastiques, autocollants, bandes collantes, scotch etc. Les composants de ces matériaux migrent dans le papier et l’endommage jusqu’à le rendre illisible. Remplacer les agrafes métalliques par des agrafes en propylène.

Enlever tous les trombones, agrafes et élastiques. Si le papier collant ne peut pas être enlevé sans causer de dégâts, le laisser et si possible isoler le document des autres.

Eviter les fourres en plastiques, les chemises et les enveloppes en papier très acide. L’acidité accélère énormément le processus de dégradation du papier. Dans la mesure du possible, conditionner les documents dans des chemises et des boîtes en papier non acide et de qualité. Remplir les boîtes complètement mais sans les bourrer, ceci évite que les documents ne se déforment en étant mal maintenus dans les boîtes et en s’affaissant.

Utiliser des supports non acides pour les documents les plus importants (papier permanent pour les comptes, procès-verbaux de la municipalité, procès-verbaux du conseil communal, conventions etc.)

Pour en savoir plus

Pour en savoir plus sur la conservation des papiers, livres et parchemin et la conservation en général, nous vous conseillons l’ouvrage d’Andrea Giovannini, De Tutela Librorum, La conservation des livres et des documents d’archives, Les éditions I.E.S., Genève, 2004.